Prévention Feux de Forêt

Avec le réchauffement climatique, le risque « incendies de forêt » s’accroît dans plusieurs régions françaises. Ainsi du Centre-Val de Loire : en avril dernier, 120 hectares de forêt sont partis en fumée dans le département de l’Indre. En septembre 2020, à Souesmes en Sologne, 50 hectares ont été détruits. Pour la première fois, des bombardiers d’eau venus des régions voisines ont dû intervenir pour porter assistance aux pompiers locaux.

Les forestiers mobilisés

Face à ces feux répétitifs, les autorités des différents départements de la région (préfectures, directions départementales des territoires, services départementaux d’incendies et de secours…) prennent des mesures de prévention et de protection (renforcement des arrêtés d’interdiction de brûlage, cartographies des massifs forestiers et de la végétation à risque, diffusion d’indicateurs d’alertes…). L’ONF, le CRPF et les syndicats départementaux des propriétaires forestiers sont associés à ces démarches en tant qu’acteurs de la forêt publique et privée.


Constat et évolution prévisible dans notre région

Malgré la recrudescence des incendies ces dernières années, le risque reste encore classé « modéré » pour notre région (rapport interministériel « Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêts », IGN-ONF-Météo France). Cependant, les modélisations effectuées à l’horizon 2040 montrent un passage en risque 2 (moyen, voire fort), c’est-à-dire équivalent à celui actuel du massif aquitain et du nord de la région Paca (cf. cartes ci-après). Il s’agit donc d’organiser dès maintenant la mobilisation de tous les acteurs concernés.


L’indice forêt météo (IFM) : un indicateur d’alerte important

L’indice forêt météo (IFM) fait partie des outils de prévention communiqués par Météo France aux opérateurs de la sécurité civile. Il est calculé (il s’agit d’un nombre) à partir de composantes tenant compte de la teneur en eau des combustibles (selon qu’il s’agit d’herbes, broussailles, arbres, humus, tourbes…), de données météos pertinentes (température, humidité relative, vent…), et d’indices de comportement du feu (éclosion, propagation initiale, quantité de combustible disponible…).

L’IFM permet d’établir un niveau de risque opérationnel priorisé sur la base du tableau ci-après.

Tout au long de l’année, chaque service départemental d’incendie et de secours (SDIS) surveille ces indicateurs et alerte le directeur de cabinet du préfet en cas de risque opérationnel supérieur ou égal au niveau 2. A titre d’exemple, dans l’Indre en 2020, il y a eu 4 jours d’alerte maximale avec un IFM fort de niveau 2.


Actions déclenchées selon le niveau de risque

Un plan d’actions spécifique impliquant les SDIS, les services de l’Etat, et les différents acteurs concernés correspond à chacun des niveaux de risques, par exemple : astreintes en casernes, communications ciblées (maires, presse écrite, radio…), prises d’arrêtés ponctuels de limitation ou d’interdiction de travaux et/ou circulation en forêt… L’Office National des Forêt (ONF) est impliqué dès le niveau 1. Les syndicats départementaux de propriétaires forestiers et le CRPF sont informés pour les niveaux d’alertes 2 et 3. Charge à eux de relayer les informations dans leurs supports de communication à destination des propriétaires forestiers.   


Des cartes sylvicoles pour prévenir les risques

En complément des mesures opérationnelles décrites ci-dessus, un atlas « Feux de forêt en région Centre-Val de Loire » est en cours de constitution (gouvernance DRAAF, DREAL, SDIS 45, DDT 37 et 45). Il se présente sous la forme d’un ensemble de cartes priorisant les massifs à risques. Les cartes sont établies en croisant les enjeux :

  • de sensibilité naturelle (fort = forêts résineuses et landes / moyen = forêts mélangées principalement / faible = autres forêts de feuillus et forêts ouvertes),
  • d’aléa induit par les activités humaines (fort = présence de routes départementales, nationales, autoroutes, voies ferrées, zones bâties / moyen = chemins forestiers, zones agricoles, lignes électriques / faible = voies cyclables, chemins et sentiers piétons),
  • d’activités socio-économiques (nombre d’habitants, fréquentation touristique, indice d’exploitation forestière, présence de sites patrimoniaux et environnementaux),
  • de capacité de défense du territoire (délais d’accès aux parcelles forestières, maillage de la desserte, présence de pare-feux, points d’eau référencés…).

La publication de l’atlas régional est prévue en juin-juillet 2021.


Que dit la réglementation ? Les arrêtés brûlage en vigueur

Les règles et prescriptions pour l’emploi du feu dans les activités d’exploitation forestière (brûlage des rémanents) sont fixées dans les arrêtés départementaux. Certains d’entre-eux (Indre et Indre-et-Loire notamment) sont actuellement en cours de révision, avec des mesures renforcées, pour tenir compte de l’aggravation des risques. Le CRPF et les syndicats départementaux de propriétaires forestiers sont consultés pour avis.

Pour accéder aux arrêtés :

À consulter :


En bref

Du fait de la répétition des sécheresses et canicules, nos forêts régionales sont (et seront) de plus en plus exposées au risque « incendie ». Les forestiers publics et privés sont sollicités par les services de l’Etat et les SDIS pour contribuer aux plans de prévention des risques qui se mettent en place. Pour la forêt privée, il s’agit d’intervenir de manière coordonnée pour :

  • mieux partager les données et les connaissances « terrain » avec les pompiers ;
  • améliorer la cartographie des massifs à risques, notamment en fonction des types de végétation forestière en présence ;
  • lancer des formations spécifiques pour les propriétaires forestiers afin de les informer des risques et des actions préventives pouvant être mises en place à l’échelle de la propriété ;
  • intensifier toutes formes de sensibilisation dans les supports de communication existants (sites web, lettres électroniques, revues forestières, fiches techniques).

Le CRPF, en lien avec les syndicats départementaux des propriétaires forestiers, s’organise pour prendre toute sa part dans ces actions importantes d’intérêt public.